Tel-Écoute. . . Souvent, il suffit d'en parler.

Revue de presse

 

Le Flambeau de l'Est

 

Le Flambeau de l'Est

 

 

 

Le Flambeau de l'Est, 26 novembre 2003

Le Centre Tel-Écoute récipiendaire d’un prix hommage bénévolat-Québec

Par André Desroches

 

Les responsables du centre Tel-Écoute se rendront dans la Vieille Capitale, le 30 avril, pour accepter un prix Hommage bénévolat-Québec. L’organisme sera honoré dans la catégorie Organisme-action.

 

«Nous sommes très heureux. C’est une belle reconnaissance du travail que l’on fait » a commenté la directrice générale du centre Tel-Écoute, Pierrette Guérard, au lendemain de cette annonce. Signalons que la candidature a été proposée par Solidarité Mercier-Est.

 

Décerné depuis 1998 par le gouvernement du Québec, ce prix vient reconnaître le travail que l’organisme accomplit au chapitre de la promotion de l’action bénévole. Il souligne également la qualité de l’encadrement et du soutien qu’il offre aux hommes et aux femmes qui donnent généreusement de leur temps.

Fondé il y a douze ans, le Centre Tel-Écoute, on le rappelle, offre à toute personne en situation de précarité ou de détresse psychologique des services gratuits, anonymes et confidentiels d’écoute active, d’intervention en cas de crise suicidaire et de référence. Cela se fait à travers trois services : les lignes téléphoniques Tel-Écoute et Tel-Aînés, et Tel-Écoute en ligne, un service accessible à tout personne branchée au réseau Internet.

 

Pour assurer ce service d’écoute, l’organisme compte sur quelque 75 bénévoles. Ça va de jeunes étudiants jusqu’à des personnes ayant plus de 70 ans.

 

Avant de répondre à leur premier appel, ces bénévoles ont droit à une solide formation, a indiqué Pierrette Guérard. Ils acquièrent des notions en écoute active, en gérontologie, en intervention de crise. S’ajoute à cela une formation pratique. De plus, les bénévoles assistent régulièrement à des conférences et des ateliers portant sur différents thèmes, a précisé Mme Guérard.

 

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Le Flambeau de l'Est, 2 mai 2001

La petite histoire de Tel-Écoute

Le centre a reçu 100 000 appels en dix ans

Par Richard Caron

 

Depuis sa fondation, il y a 10 ans, le centre Tel-Écoute, un organisme de Mercier-Est, a répondu à plus de 100 000 appels de détresse, des appels qui ont permis de redonner un peu d'espoir et beaucoup d'humanité à chaque appelant.

 

«C'est un travail de moine, d'alchimiste et de titan et nous en sommes fiers, car bien qu'ayant lieu dans l'ombre, ce travail change imperceptiblement, mais en profondeur, la face du monde », a clamé celle qui est directrice de l'organisme depuis quatre ans, Anne de Guise, lors d'une soirée organisée le 23 avril dernier pour souligner le 10e anniversaire du centre […]

 

Comme l'a si bien raconté ce soir-là, Michèle Robichaud, organisatrice communautaire en santé mentale au CLSC Mercier-Est/Anjou, Tel-Écoute est né d'un mouvement de quartier, en 1990, à partir des besoins de briser l'isolement des personnes seules et d'offrir un soutien aux familles monoparentales. Sa dénomination à l'origine était le centre d'écoute Le Passant. On pouvait, soit y téléphoner, soit y passer, pour parler avec quelqu'un de ce qu'on vit, anonymement et sans obligation.

 

À cette époque, le fonctionnement du centre reposait quasi exclusivement sur le don : le don de soi par les bénévoles, le don de matériel et les dons des communautés religieuses et des députés. Des employés temporaires,

subventionnés «par des programmes ou projets temporaires » des gouvernements, encadraient l'action des bénévoles. Les différents administrateurs qui se sont succédé travaillaient, eux, d'arrache-pied à la consolidation organisationnelle et financière de l'organisme.

 

En 1994, le centre connaît une période difficile. Les activités sont même suspendues pendant quelques mois. Puis, survient le déménagement dans les locaux actuels. Un exercice de réflexion et de planification est entrepris. Tout est revu, même le nom du centre qui devient finalement Tel-Écoute, afin de refléter davantage l'orientation retenue : celle de l'écoute téléphonique.

 

Durant encore quelques années, Tel-Écoute fonctionne de façon totalement bénévole, jusqu'à une première subvention gouvernementale, petite mais récurrente, qui permet de stabiliser le poste de direction avec l'arrivée de Anne de Guise, en mars 1997.

 

Déjà amorcée en 1996, l'expansion du centre est alors remarquable : augmentation du nombre d'appels, du nombre d'heures d'écoute et du nombre de bénévoles. De nouveaux services apparaissent au cours des années qui suivent, dont Tel-Aînés, en 1998, qui répond plus particulièrement aux besoins d'une population vieillissante. Tel-Écoute n'a pas l'intention de s'arrêter là. Un projet d'écoute sur Internet est actuellement en gestation.

 

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Le Flambeau de l'Est, 11 janvier 2000

En écoutant les gens en détresse, les bénévoles de Tel-Écoute et de Tel-Aînés perçoivent la vie différemment

Par Hélène Blais

 

Depuis maintenant neuf ans, les citoyens de l’Est de Montréal qui traversent une période difficile peuvent compter sur le soutien des bénévoles du service d’écoute téléphonique Tel-Écoute. Ainsi, depuis deux ans, les aînés ont également la possibilité de se confier à quelqu’un grâce au service Tel-Aînés, la seule ligne d’écoute téléphonique pour personnes âgées au Québec.

 

Situés dans Mercier-Est, près du métro Honoré-Beaugrand, ces deux services sont assurés par la présence constante de plus de 80 bénévoles écoutants. D’ailleurs, les services Tel-Écoute et Tel-Aînés sont offerts gratuitement à la population, et ce, 365 jours par année, 12 heures par jour et sept jours par semaine.

 

Ces bénévoles peuvent d’ailleurs répondre à de nombreux besoins ressentis par les appelants, qu’il s’agisse de deuil, divorce, problèmes récurrents de santé mentale, abus, inceste, handicap physique, maladie grave, perte d’emploi, peine d’amour, violence, projets suicidaires, etc. Du coté de Tel-Aînés, qui s’adresse surtout aux personnes âgées de 60 ans et plus et à leur proches, les bénévoles peuvent avoir à traiter de deuil également, de l’éloignement des enfants et des petits enfants, des problèmes de santé mentale et physique, de l’abus de pouvoir et de la violence des proches ou des parents, de maladie grave, de souvenirs douloureux, etc.

 

Il importe cependant de démystifier le rôle des écoutants bénévoles et aussi de rappeler aux gens qui ressentiraient le besoin de parler à un bénévole qu’il n’est pas nécessaire de connaître une difficulté énorme pour appeler Tel-Écoute ou Tel-Aînés. «Les gens ont tendance à croire qu’ils doivent avoir un problème énorme pour pouvoir nous appeler. En réalité, n’importe qui qui ressent le besoin de se confier, peu importe la nature de sa détresse ou de son problème peut nous appeler et nous allons écouter », expliquent les écoutants bénévoles Lise B., Doris D. et André M., qui désirent préserver leur anonymat.

 

Évidemment, le rôle d’écoutant bénévole n’est pas toujours évident et requiert un désir profond d’aider, de l’empathie et surtout, de l’ouverture d’esprit. «Les gens qui entrent en contact avec nous et qui désirent s'impliquer au sein de Tel-Écoute et de Tel-Aînés doivent passer une entrevue. Une fois qu’ils sont acceptés, ils reçoivent une formation complète en écoute active, en gérontologie et en intervention de crise suicidaire. En tout et partout, cela représente 30 heures de théorie et 12 heures de pratique. Par la suite, ils ne sont pas laissés à eux-mêmes et ils reçoivent une formation continue », précise Pierrette Guérard, coordonnatrice de l’écoute et de la formation.

 

Une expérience très enrichissante

 

Depuis sa fondation en 1991, le service Tel-Écoute a formé plus de 400 bénévoles et a reçu près de 100 000 appels de détresse. D’ailleurs, 50 p. cent des bénévoles impliqués avec l’organisme proviennent de Mercier-Est et des environs.

Avant de devenir écoutants bénévoles pour l’organisme, Lise B., Doris D. et André M. se sont d’abord et avant tout demandé quelle serait la forme de bénévolat qui pourrait le mieux répondre à leurs aspirations. Pour eux, l’écoute active à été la réponse évidente à cette question. «À Tel-Écoute et Tel-Aînés, nous avons l’impression de faire du bien, d’avoir rendu service aux gens qui nous ont appelés », confie André M. «Il y a beaucoup de détresse et de souffrance ressentie par les appelants. Toutefois, en les écoutant, cela me pousse à m’écouter moi-même, à être à l’écoute de ce que je ressens », constate Lise B. Pour Doris D., l’écoute active représente une nourriture. «Pouvoir écouter les gens qui nous appellent, c'est une richesse pour moi, ca me fait grandir et ca me nourrit », estime-t-elle.

 

Cette expérience enrichissante vécue par les bénévoles de l’organisme les rend sensibles à ce qui se passe autour d’eux et change complètement leur perception de la vie. Ils affirment qu’ils s’attachent aux appelants et que ceux-ci sont très reconnaissants. «En même temps, nous apprenons à ne pas s’accaparer du problème vécu par l’appelant. En d’autres mots, nous ne portons pas le monde sur nos épaules », confient les bénévoles. D’ailleurs, pour eux, l’organisme est une grande famille dans laquelle ils vivent. «Ce qui motive les bénévoles, c’est la valorisation ressentie après une journée de travail. Je trouve ça beau de voir cela. Bien sur, nous recevons une formation en venant ici, mais c’est un cadeau que l’on se fait », soutient Claire Filtaut, qui œuvre à Tel-Écoute depuis cinq ans et qui agit maintenant à titre de responsable des formations et des fêtes sociales.

 

Percevant maintenant ce qui se cache en arrière des mots, les bénévoles tentent toujours de faire réaliser aux appelants qu’ils possèdent déjà tous les éléments en main pour voir la lumière au bout du tunnel. Se sentant à la fois très privilégiés, ils se sentent également comme une espèce de remède face surtout aux psychiatrisés qui appellent. «Les psychiatres eux-mêmes suggèrent à leurs patients de nous passer un coup de fil. Nous nous sentons comme un remède puisqu’au lieu de recevoir une dose de Prozak, les patients ont droit à une écoute préventive », constate André M.

 

Bientôt, soit les 22 et 23 janvier, ainsi que les 5 et 6 février, le service Tel-Écoute et Tel-Aînés tiendra des sessions de formation pour les gens qui seraient intéressés à devenir écoutants bénévoles. Les gens qui désirent s’impliquer n’ont évidemment pas besoin de diplôme spécialisé dans quelque domaine que ce soit ; ils n’ont besoin que d’un désir profond d’aider et d’ouverture d’esprit. «Avec l’arrivée de l’an 2000, c’est le temps idéal pour un nouveau départ. Je fais donc appel aux gens pour qu’ils se lancent un nouveau défi et qu’ils viennent s’impliquer en tant que bénévoles », conclut Lise B. Et, comme le mentionne le slogan de l’organisme, souvent, il suffit d’écouter... (sic)

 

Pour les gens qui voudraient devenir écoutants bénévoles, il suffit de composer le 493-4445. Quant aux services Tel-Écoute et Tel-Aînés, les numéros sont les suivants : 493-4484 et 353-2463.

 

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