Tel-Écoute. . . Souvent, il suffit d'en parler.

Revue de presse

 

Le Journal de Montréal

 

 

 

Le Journal de Montréal, 22 novembre 2004

Au Centre Tel-Écoute

Par Jessica Nadeau

 

Aider les gens en détresse à trouver des pistes de solution.

 

Une personne en détresse au bord du suicide, une jeune femme battue par son chum, une vieille dame qui parle pour la première fois de l’inceste dont elle a été victime étant jeune, et d’autres, beaucoup d’autres, qui se sentent trop seuls…Voici le quotidien d’un écoutant au centre Tel-Écoute.

 

« Après 7 ans, il m’arrive encore de fondre en larmes en raccrochant » avoue Charles, un bénévole de Tel-Écoute.

 

En acceptant de partager son temps avec des inconnus qui ont besoin d’aide, Charles s’est découvert une nouvelle mission qui a changé sa vie.

 

« Je me suis rendu compte que j’avais mal écouté toute ma vie. J’avais toujours écouté en cherchant des solutions, alors que la vraie écoute, l’écoute active, c’est d’amener la personne à formuler sa situation pour qu’elle trouve elle-même des couloirs de solution. »

 

Des appels marquants

 

En sept ans, Charles a connu toutes sortes de situations. Certains appels l’ont particulièrement marqué.

 

« L’appel le plus émouvant que j’ai reçu, c’est celui d’une femme de 65 ans qui avouait pour la première fois, à moi, un homme, qu’elle avait été victime d’inceste dans sa jeunesse. On ne peut pas rester indifférent à ce genre de témoignage. »

 

Et les incontournables cas de suicide. « C’est avec ça que j’ai le plus de difficulté car je ne comprends pas qu’on puisse en arriver là. Et quand on les a en ligne, il faut travailler fort pour les garder en vie. Mais parfois on a peur de les perdre… »

 

Difficile de rester neutre

 

Mais le plus difficile selon lui, c’est d’accepter que les gens se répètent et qu’ils ne s’en sortent pas.

« Si on s’attend à être un sauveur, à voir les gens s’en sortir, on va être déçu. Car ce sont souvent les mêmes gens qui appellent, qui racontent les mêmes problèmes, qui tournent en rond. On voudrait parfois leur donner un bon coup de pied au c…pour qu’ils s’en sortent, mais on doit rester neutre. »

 

Si son travail n’est pas toujours facile, il est des plus gratifiants. « On donne, mais on reçoit beaucoup. Parce que chaque témoignage nous confronte à nos propres histoires. On apprend à ne pas juger, à moins être intransigeant et à relativiser ce qu’on peut traverser soi-même. »

 

Une lueur d’espoir au bout du fil

 

À qui se confier quand on n’a personne, quand l’entourage est blasé d’entendre nos histoires ou que l’on n’ose pas avouer l’ampleur de notre désarroi à nos amis? Il existe toujours une lueur d’espoir au bout du fil.

 

« Les centres d’écoute, ce sont des hôpitaux pour l’âme », explique le directeur général de l’Association des centres d’écoute téléphonique du Québec, Michel Turcotte.

 

Ce service a pris naissance dans les années 1970 pour faire contrepoids à la montée de l’isolement et à l’effritement du tissu social.

 

Aujourd’hui, il existe plus de 25 centres d’écoute téléphonique à travers le Québec qui assurent un soutien émotif à l’ensemble de la population.

 

Ses centaines de bénévoles, qui permettent aux gens de trouver une oreille attentive, suivent une formation d’écoute active de plusieurs dizaines d’heures et travaillent en partenariat avec les ressources du réseau.

 

Selon Mr Turcotte, ces services d’écoute sont d’autant plus essentiels que les gens vivent une détresse psychologique de plus en plus grande.

 

↑ Haut de la page

 

 

 

 

 

 

Le Journal de Montréal, 15 novembre 1999

Tel-aînés... pour aider les gens âgés seuls

Par Michel Larose

 

Le fils d'un couple âgé a liquidé leurs moindres économies. Ils ne veulent pas le poursuivre. C'est leur fils. Mais bon, parler à quelqu'un de cette trahison les soulagera.

 

Tel-Aînés, la seule ligne d'écoute destinée aux personnes âgées, a reçu 10 000 appels depuis sa fondation il y a deux ans. Tel-Écoute, une des cinq centrales de Montréal ouvertes à tous les appels de détresse, a lancé ce service. « La solitude et l'isolement représentent un grave problème chez les personnes du troisième âge », explique Anne de Guise, directrice générale de Tel-Écoute et Tel-Aînés. « Elles sont en perte d'autonomie et graduellement elles coupent les liens avec leur monde extérieur. Ces personnes ont besoin d'avoir un contact et elles nous appellent. » Doucement, mine de rien, les personnes âgées finissent par se demander quelle est leur utilité dans la société ;

elles en viennent à vouloir couper les ponts, inconsciemment, avec la vie. Les bénévoles de la ligne d'écoute décèlent ces signaux d'abandon.

 

Les bénévoles

 

Les chiffres sont éloquents. Il y a 300 000 personnes âgées dans le Grand Montréal, 32 % vivent seules, 40 % sont sous le seuil de la pauvreté et 20 % n'ont aucun ami ou confident.

 

Et Tel-Aînés aura toujours et encore besoin de bénévoles pour maintenir ce service offert 12 heures par jour. « Nous avons besoin de 60 nouveaux bénévoles par année. » Alors si vous avez l'oreille attentive, l'organisme vous attend. Téléphone : (514) 493-444

 

↑ Haut de la page

 

 

 

 

 

 

Le Journal de Montréal, 12 avril 2000

Un colloque pour que les bénévoles de l'écoute prennent la parole

Par Monique Richer

 

Les Centres d'écoute bénévole tiennent leur premier colloque à Montréal les 14 et 15 avril sous le thème La place de l'écoute bénévole dans notre société et celle de demain.

 

Dans la grande région de Montréal, 31 organismes communautaires offrent des services d'aide, d'écoute et de références.

 

Le premier, fondé en octobre 1956, était le Centre de référence du Grand Montréal, suivi par le Centre Le Moutier à Longueuil et Tel-Aide à la fin des années soixante.

 

Quelque 2000 bénévoles font partie de ces centres qui reçoivent environ 400 000 appels par année.

 

Au Québec, il y a en tout 47 centres, 2500 bénévoles et 450 000 demandes d'aide. Le colloque, qui se veut à la fois un hommage aux bénévoles et un outil pour faire connaître les différents centres d'écoute, d'aide et de références, permettra au public d'entendre la conférence d'ouverture prononcée par Yvon Saint-Arnaud, le vendredi soir, à la salle Marie-Gérin-Lajoie, à l'UQAM.

Les quelques 225 bénévoles inscrits au colloque travailleront en ateliers le samedi matin et en plénière dans l'après-midi. Les thèmes abordés sont, entre autres, les appels déstabilisants, la motivation des bénévoles, l'accès au spirituel, s'écouter pour mieux aider.

 

La conférence de clôture sera prononcée par Solange Lefebvre. La comédienne Rita Lafontaine, riche d'une expérience de vie professionnelle et personnelle, a rendu hommage hier en conférence de presse aux bénévoles dont le travail est « considérable et passionnant et qui demande beaucoup de courage ».

 

Elle sera également au colloque et parlera de la place de l'écoute dans sa vie.

 

Comme elle l'a dit si bien, les gens de sa génération devaient se tourner vers les confessionnaux, seuls endroits où déverser ses confidences en une époque de secrets et de non-dit.

 

Ne devient pas écoutant qui le veut puisqu'une formation de 60 heures est exigée et que les qualités requises sont l'empathie, le non-jugement, l'ouverture d'esprit et l'authenticité.

 

↑ Haut de la page